Nucléaire : la France s’entête à utiliser une énergie dangereuse et obsolète

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Récemment, grâce à un lien posté sur Twitter, je suis tombé sur une interview de Bernard Laponche, physicien nucléaire, publiée sur le site web de Télérama. Au delà du titre « Il y a une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe », plutôt préoccupant, le propos développé par Bernard Laponche est intéressant et de nature à éveiller les consciences. Au stade où nous en sommes de la transition énergétique, les arguments qu’il développe n’ont pas pris une ride, même si l’interview date de 2011.

Car pour lui le nucléaire n’est pas une fatalité, encore moins une nécessité. Ce qui n’est pas banal, venant d’un spécialiste de l’atome, qui a fait ses armes dans le nucléaire civil, en travaillant notamment pour le CEA au début de sa carrière.

Pour Bernard Laponche, le nucléaire est tout simplement la méthode la plus dangereuse pour produire… de l’eau chaude ! Car, on ne le dit pas souvent, mais le nucléaire ne produit pas directement l’électricité. Il génère en fait de la chaleur (dont une grande partie est perdue) qui transforme de l’eau en vapeur et actionne des turbines, lesquelles produisent l’électricité.

Bernard Laponche rappelle que les technologies nucléaires, utilisent non seulement des matériaux radioactifs, mais en produisent aussi, notamment le plutonium, qui est, selon lui, le corps le plus dangereux que l’on puisse trouver sur Terre. Un million de fois plus radioactif que l’uranium, le plutonium n’existe dans la nature qu’à l’état de traces.

Pour lui, même si les risques liées à l’atome sont souvent considérés comme minimes, ils sont sous-estimés et incommensurables, compte-tenu des effets dévastateurs que peut entrainer un accident dans une centrale nucléaire. Les risques liés à cette énergie ne valent donc pas le bénéfice, ils sont tout simplement inacceptables.

Il avance que la France, qui a fait le choix du tout nucléaire est dans l’erreur, qu’elle s’obstine à utiliser une énergie dangereuse et obsolète. Qu’en restant sur sa position, elle ne se donne pas la chance d’investir dans sa transition énergétique, contrairement à l’Allemagne qui est en passe de réussir la sienne.

Car pour Bernard Laponche, des alternatives crédibles existent et peuvent être mises en oeuvre dans un pays comme la France. L’exemple Allemand le montre. En misant sur un mix énergétique combinant biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque, on peut, selon lui, tout à fait répondre à nos besoins, à condition de travailler sur la demande. On peut aussi optimiser la distribution avec les smart grids ou au travers de dispositifs innovants, pour palier l’intermittence des énergies renouvelables. Par exemple, mettre à profit l’énergie éolienne non utilisée la nuit, quand la demande est faible, pour alimenter un barrage, qui fonctionnera pour la pointe du jour.

Il y a plein d’autres choses dans cet interview, notamment sur l’histoire du nucléaire électrique en France. Une interview à lire, même si elle date de 2011.

Le jour du dépassement global

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Sous ce titre, pas très parlant au premier contact, se cache une réalité inquiétante.

Le Jour du dépassement global, ou Global Overshoot Day en anglais, c’est la date à partir de laquelle nous avons épuisé notre « budget écologique » de l’année.

Pour mieux comprendre, la notion de budget écologique renvoit, métaphoriquement, à celle d’un budget personnel, comptable ou financier. Lorsque le budget est dépassé, on se retrouve débiteur, à découvert. C’est pareil pour l’écologie.

Développé par une ONG canadienne, Global Footprint Network, et un think-tank britannique, New Economics Foundation, le Jour du dépassement global marque, selon ses concepteurs, le moment de l’année où notre consommation de ressources naturelles dépasse la capacité annuelle de la planète à les renouveler.

Une fois cette date atteinte, nous commençons à vivre au dessus de nos moyens écologiques et contractons une dette, en vivant sur le dos des générations futures, puisque nous devons puiser dans les stocks disponibles, mais pas infinis.

Dans un monde idéal, nous ne devrions pas consommer plus de ressources naturelles que la planète ne peut en produire en un an. Le Jour du dépassement global devrait donc être le 31 décembre. Nous en sommes loin.

L’année dernière, la date fatidique a été atteinte le 20 août. Sachant que cette date se rapproche chaque année de quelques jours, nous devrions, pour 2014, l’atteindre trés prochainement.

Ce qui veut dire, qu’à l’échelle mondiale, nous consommons notre budget écologique en un peu moins de 8 mois et sommes à découvert un peu plus de 4 mois. Bref, l’Humanité vit au dessus de ses moyens. Et quand on vit au dessus de ses moyens, il y a un moment où ça craque, où on l’on fait faillite. C’est ce qui pourrait bien nous arriver, si on n’inverse pas la tendance.

Appliquée à l’écologie, la faillite c’est le moment où la planète ne pourra plus supporter l’activité humaine à ce niveau de consommation, où les écosystèmes s’écrouleront, rendant la vie humaine impossible.

D’autant plus que, s’il est assez rapide de renflouer un budget comptable, pourvu qu’on ait des fonds de côté, c’est autrement plus compliqué en matière d’écologie, qui s’inscrit dans des temps longs. Il est donc plus qu’indispensable d’agir rapidement.

A titre d’illustration de l’évolution de cet indicateur dans le temps, si on reprend les données de Global Footprint Network, le Jour du dépassement global était atteint le 21 octobre en 1993, le 22 septembre en 2003 et le 20 août en 2013… soit, si on fait un calcul très simple, un mois plus tôt tous les dix ans. Et si on ne fait rien, cela ne peut que continuer.

A noter : France Inter consacre, ce soir à 19h15, son émission Le téléphone sonne à ce sujet.

Le transport de marchandises à la voile a le vent en poupe

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Le transport de marchandises à la voile, une alternative écologique au transport maritime classique. (Photo : Xavier Dubar. Flickr.com / licence Creative Commons)

Le transport de marchandises à la voile, une alternative écologique au transport maritime classique. (Photo : Xavier Dubar. Flickr.com / licence Creative Commons)

 

France Info a consacré son numéro d’Histoires littorales du 03/08/2014 à Guillaume Legrand et son entreprise, TOWT, qui affrète depuis 2009 de vieux gréements pour transporter des marchandises à la voile.

Denrées alimentaires, vin, sel, savon, peinture ou bois trouvent leur place dans les cales et sont acheminés par la mer vers leur port de destination, en France, mais aussi au Royaume-Uni ou aux Açores. Le fret maritime à la voile n’est donc pas réservé qu’aux petites distances ou au transport local.

Avec une flotte de 12 voiliers, Guillaume Legrand réhabilite un moyen de transport millénaire, non polluant, qui génére jusqu’à 90% d’émissions carbone en moins.

La traçabilité est également au rendez-vous puisque chaque produit affiche une étiquette certifiant que le transport a été effectué à la voile, avec un code de suivi. Grâce à ce code, on peut retrouver sur le site internet de l’entreprise, une fiche qui retrace les principaux éléments du trajet : distance parcourue, route, bâteau utilisé…

90% du transport de marchandises dans le monde emprunte la mer ou les océans. Chaque année, le fret maritime rejette dans l’atmosphère près d’1 milliard de tonnes de CO2, soit 3% des émissions dans le monde. C’est plus que les émissions générées par le transport aérien ou l’Allemagne et près de deux fois la quantité de CO2 émise par la France. La transition énergétique dans le transport maritime constitue donc un enjeu d’actualité, essentiel dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Le fret maritime à la voile peut prendre plus de temps que les liaisons classiques, mais celui-ci pourrait devenir rapidement rentable compte-tenu de l’augmentation du prix des carburants pétroliers, auxquels il faut également ajouter le coût environnemental liés à la pollution.

Le site internet de TOWT présente sur sa page Media, plusieurs vidéos et coupures de presse permettant d’en savoir plus sur l’intérêt du fret maritime à la voile.

Centrales nucléaires, démantèlement impossible ?

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Le démantèlement des centrales nucléaires est-il possible ? C’est la question que pose Arte dans un reportage, diffusé initialement le 29/07/2014, disponible sur son site et son application (Arte+7) jusqu’au 05/08/2014.

A travers plusieurs exemples de démantèlement, le reportage fait état de risques environnementaux et humains colossaux. Il montre que ces opérations font appel à des techniques qui ne sont pas encore totalement maîtrisées, sans compter qu’elles posent des problèmes pour lesquels, personne n’a de réponses.

La délicate et difficile problématique du stockage des déchets contaminés, qui peuvent rester radioactifs pendant plusieurs dizaines de milliers d’années, est également abordée.

Le reportage pose aussi la question des coûts gigantesques liés à ces chantiers. Dans un contexte de crise économique, les pays auront-ils les moyens de financer le démantèlement de leurs centrales nucléaires ?

Après avoir vu ce reportage, on se dit que le nucléaire est une folie. On se demande comment nos sociétés peuvent accepter les risques liés à cette techologie et de quel droit on peut préempter les générations futures en stockant et leur léguant la gestion de déchets qui resteront radioactifs des milliers d’années. On se dit aussi, qu’il est urgent d’avancer de manière significative et concrète sur la question de la transition énergétique.

Voir le reportage sur le site d’Arte :
Centrales nucléaires, démantèlement impossible ?

Un autre reportage intéressant sur le nucléaire, à voir également sur Arte +7, jusqu’au 04/08/2014 : le nuage. Ce reportage aborde la manière dont les pays et les médias ont traité la question du nuage radioactif qui a suivi la catastrophe de Tchernobyl.

Bientôt une autoroute cyclable entre le Danemark et la Suède.

Bientôt une autoroute cyclable entre le Danemark et la Suède.
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Une « autoroute cyclable » ou plutôt une voie réservée aux vélos pourrait voir le jour sur l’Öresundbron, le pont-tunnel qui relie, sur une distance de 7,8km, la capitale danoise à Malmö en Suède.

Ouvert le 1er juillet 2000, l’Öresundbron relie les deux pays au moyen d’un pont suspendu à deux niveaux, reliant Malmö à une île artificielle. L’île permet de faire la transition entre le pont et un tunnel qui continue jusqu’à Copenhague. Cette conception originale permet de laisser un passage aux bâteaux qui croisent dans le secteur et de ne pas gêner le trafic aérien à proximité de l’aéroport de Copenhague.

 

Öresundbron. Source : article sur Wikipedia. Licence : Creative Commons (CC)

Öresundbron. Source : article sur Wikipedia. Licence : Creative Commons (CC)

 

L’Öresundbron comprend une autoroute et une voie de chemin de fer. Jusqu’à présent interdit aux vélos, il pourrait bientôt s’équiper de pistes cyclables abritées dans des tubes suspendus. Il faudrait en revanche percer un tunnel supplémentaire, dédié aux cyclistes.

Une projet de connexion des réseaux de transport en commun des deux villes via l’Öresundbron est également à l’étude, ainsi qu’un rapprochement des universités situées des deux côtés du pont. Les deux villes ont déjà regroupé leurs ports au sein d’une autorité portuaire commune.

Saviez-vous que la France est le premier producteur de lin au monde ?

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« Tiges de lin fibre disposées en andains, avant rouissage. » par BERTFR — Travail personnel. Sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 via Wikimedia Commons

« Tiges de lin fibre disposées en andains, avant rouissage. » par BERTFR — Travail personnel. Sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 via Wikimedia Commons

En France, la production de lin se concentre dans le Nord-Pas de Calais, qui à lui seul, produit 20% de la production mondiale.

Méconnue, car représentant à peine 1% des tissus, le lin est pourtant la fibre la plus ancienne du monde. Le lin se bonifie, s’adoucit et s’ennoblit avec le temps. En plus, c’est une fibre naturelle, hypoallergénique et écologique…car toute la tige est utilisée et valorisée. 100 jours après les semis, le lin est coupé et reste dans le champ pour le rouissage, qui va le colorer et séparer la fibre du reste de la tige.

Si la production du lin est locale en France, la filature ne l’est pas : elle s’est délocalisée dans les pays de l’Est et en Chine. Le lin produit en France est néanmoins recherché, car il véhicule une image de tradition, de qualité et de savoir-faire à la française, témoin du temps où le Nord-Pas-de-Calais comptait de nombreuses filatures de lin.

Source : la Voix du Nord

10 km/h en moins = 37% de bouchons en moins

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Depuis le 10 janvier dernier, la limitation de vitesse a été abaissée de 80 à 70km/h sur le périphérique parisien, au grand dam de certains automobilistes : cet axe routier, le plus fréquenté d’Europe, voit passer chaque jour 1,3 millions de véhicules (Paris.fr). L’objectif de cette mesure était de réduire la pollution, les nuisances sonores et le nombre d’accidents.

Périphérique parisien, Porte de la Muette. Source : Wikipedia, article sur le périphérique parisien. Licence Creative Commons (CC).

Périphérique parisien, Porte de la Muette. Source : Wikipedia, article sur le périphérique parisien. Licence Creative Commons (CC).

Le Périph’ génère 35% des émissions de particules fines liées à la circulation automobiles (20% des émissions totales parisiennes) et comptabilise aussi, à lui seul, 35% des émissions de CO2 liées à la circulation routière parisienne (12% du total de la capitale) (Airparif). Pour les 100 000 riverains qui vivent à moins de 200 m du périphérique, malgré les protections accoustiques installées en bordure de la voie, les nuisances sonores peuvent s’élever jusqu’à 75 décibels,, soit le bruit d’un aspirateur en marche dans un appartement.

Dans un article daté du 25/07/2014, L’Express citant une étude menée par Inrix, une entreprise spécialisée dans les solutions d’info-trafic, indique que depuis que la vitesse de circulation sur le périphérique parisien a été abaissée : on enregistre 37% d’embouteillages bouchons en moins. Les automobilistes passent en moyenne 38 minutes de moins dans les bouchons. Inrix impute ces résultats à une vitesse plus régulière qui contribue à une circulation plus fluide et limite les points de congestion réduisant l’effet accordéon.

37% de bouchons en moins, cela ne peut que faire du bien à la qualité de l’air. Et quand on sait le coût des bouchons pour la société, estimé à 5,9 milliards d’euros pour la France en 2013, on se dit que cette baisse de 10km/h de la vitesse autorisée sur le périphérique fait aussi du bien au porte-monnaie.

Comme quoi en allant moins vite, on va parfois plus vite au final… Et on fait des économies aussi.

Le coût des embouteillages en France

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On connaissait déjà l’impact environnemental de la circulation automobile. Une étude met aussi en évidence son coût économique.

Selon cette étude, le coût des embouteillages s’élève en France à 5,9 milliards d’euros pour l’année 2013, soit 300 000 € de plus qu’en 2012. Pour arriver à ce chiffre, les auteurs calculent le coût du temps « non productif » perdu dans les embouteillages : chaque automobiliste passe annuellement en moyenne 47 heures dans les bouchons, soit deux jours par an. Bien entendu, les auteurs tiennent aussi compte du coût du carburant consommé dans les bouchons. Ils estiment également l’impact sur les coûts de transports de marchandises, qui se répercutent directement sur le prix de nos produits de consommation.

Pour chaque automobiliste, la facture des embouteillages s’élèverait à 677€ en moyenne.

5,9 milliards d’euros à l’échelle du pays, 677 € par automobiliste, voila encore une raison de plus de repenser la place du transport routier dans nos sociétés.

Et pour ne pas oublier le coût environnemental, l’étude indique que pour compenser les émissions générées par les embouteillages dans les 13 plus grandes agglomérations françaises, il faudrait planter….189 millions d’arbres.

Pourquoi les fruits et légumes bio sont-ils meilleurs pour la santé ?

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On aime les fruits et légumes bio, parce que cultivés sans engrais ou pesticides chimiques, potentiellement dangereux, ils sont plus respectueux de notre santé et de l’environnement.

Le Monde révèle dans un article du 22 juillet 2014, que selon une étude parue dans le British Journal of Nutrition, les fruits et légumes bio seraient aussi plus riches en anti-oxydants, dont le rôle bénéfique pour la santé est reconnu par de nombreuses études épidémiologiques .

L’étude en question est en fait une méta-analyse, c’est à dire une étude synthétisant les résultats de plusieurs études.

Elle montre que les fruits et légumes bio affichent des concentrations en anti-oxydants de 18% à 69% plus élevées que ceux issus de l’agriculture conventionnelle. L’étude du British Journal of Nutrition met aussi en évidence des teneurs moins importantes en métaux lourds toxiques pour la santé dans les fruits et légumes bio.

Une semaine de déchets

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Pour nous sensibiliser sur la quantité de déchets que nous produisons, Gregg Segal photographie des américains entourés de leurs déchets accumulés pendant une semaine.

Quand on regarde ces clichés, on se dit qu’il faut vraiment changer nos modes de consommation, privilégier les produits sobres en emballages pour générer moins de déchets, trier et composter pour les (re)valoriser.

 

Dana. Copyright Gregg Segal

Dana. Copyright Gregg Segal

 

>> 7 days of Garbage, by Gregg Segal sur le Huffington Post (US)

>> 7 days of Garbage, by Gregg Segal sur le Guardian (davantage de clichés)